Revenu exceptionnel ou différé : impôt et quotient (2026)
📝 Mis à jour le 27/03/2026 | Par
📌 L’essentiel de l’article
- Principe : le système du quotient prévu à l’article 163-0 A du Code général des impôts permet d’atténuer les effets de la progressivité de l’impôt sur le revenu lorsqu’un contribuable perçoit un revenu exceptionnel ou différé imposé au barème progressif.
- Revenus concernés : le dispositif peut s’appliquer, sur option, aux revenus exceptionnels, c’est-à-dire à ceux qui, par leur nature, ne sont pas susceptibles d’être recueillis chaque année, ainsi qu’aux revenus différés, correspondant à des sommes perçues en une seule fois mais se rapportant à des années antérieures.
- Condition de montant : pour les revenus exceptionnels, le quotient n’est en principe applicable que si leur montant dépasse la moyenne des revenus nets imposables des trois dernières années, sauf exceptions prévues pour certains revenus.
- Calcul : pour un revenu exceptionnel, le mécanisme consiste à ajouter au revenu ordinaire le quart du revenu concerné, à calculer la cotisation supplémentaire correspondante, puis à la multiplier par quatre.
- Point de vigilance : le quotient est une simple faculté. Il convient de vérifier au cas par cas si le revenu est bien éligible, s’il est imposé au barème progressif, et si l’option est favorable.
L’article 163-0 A du Code général des impôts prévoit un mécanisme particulier d’imposition destiné à éviter qu’un revenu perçu de manière ponctuelle ou avec retard ne soit soumis à une imposition excessive du seul fait de la progressivité du barème de l’impôt sur le revenu.
Ce dispositif, appelé système du quotient, peut s’appliquer, sur option du contribuable, aussi bien aux revenus exceptionnels qu’aux revenus différés, sous réserve que les conditions légales soient réunies.
Il permet, en pratique, de lisser fictivement l’imposition de certains revenus afin d’en atténuer les effets sur le montant de l’impôt dû.
Cet article fait le point sur la définition des revenus concernés, sur les modalités de calcul du quotient et sur les principaux points de vigilance à connaître.
➡️ Sommaire :
Revenus exceptionnels, revenus différés et système du quotient
Le système du quotient s’applique aux revenus imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Il peut concerner, d’une part, les revenus exceptionnels, c’est-à-dire ceux qui, par leur nature, ne sont pas susceptibles d’être recueillis annuellement, et, d’autre part, les revenus différés, correspondant à des sommes perçues au cours d’une année mais se rapportant, par leur échéance normale, à une ou plusieurs années antérieures.
Un revenu simplement élevé n’est pas, à lui seul, un revenu exceptionnel.
Encore faut-il qu’il ne s’inscrive pas dans le cours normal et habituel de l’activité ou des revenus du contribuable (CE 5-12-2001 n° 214532, 10e et 9e s.-s).
Ainsi, des sommes perçues dans le fonctionnement habituel d’une activité, même d’un montant très important, ne sont pas nécessairement éligibles au système du quotient.
En pratique, un revenu exceptionnel est un revenu qui, par sa nature, n’est pas susceptible d’être recueilli chaque année (CE 28-5-2001 n° 216312, 3e et 8e s.-s., Beaubois).
Peuvent relever, selon les circonstances, de cette catégorie certaines primes de mobilité, des gratifications réellement exceptionnelles, certaines indemnités de rupture ou encore des rémunérations spécifiques versées en contrepartie d’une mission particulière étrangère au cadre normal de l’activité.
Les revenus différés sont ceux que le contribuable perçoit au cours d’une année, alors qu’ils se rapportent, par leur échéance normale, à une ou plusieurs années antérieures, le décalage de versement résultant de circonstances indépendantes de sa volonté.
Il peut s’agir, par exemple, de rappels de salaires ou de pensions, d’arriérés de loyers ou encore d’intérêts perçus avec retard.
Contrairement aux revenus exceptionnels, les revenus différés peuvent bénéficier du système du quotient quel que soit leur montant, dès lors que le versement tardif résulte de circonstances indépendantes de la volonté du contribuable.
Cela étant, tous les revenus élevés ne peuvent pas bénéficier du quotient.
Sont notamment exclus, en principe, les revenus soumis à un taux proportionnel, ainsi que ceux bénéficiant déjà d’un autre régime spécifique d’imposition atténuée ou d’étalement.
En pratique, il convient de vérifier non seulement le montant du revenu, mais aussi sa nature et son mode d’imposition.
Par exemple, une plus-value réalisée sur la cession de biens meubles ou immeubles (imposée à l’impôt sur le revenu au taux de 19%) ne peut pas bénéficier du système du quotient.
Par ailleurs, le système du quotient applicable aux revenus exceptionnels suppose que le montant de ce revenu dépasse la moyenne des revenus nets imposables du contribuable au cours des trois dernières années.
Cette condition de montant ne s’applique toutefois pas à certains revenus expressément admis au bénéfice du quotient, notamment à certaines fractions imposables d’indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle, de mise à la retraite ou à certaines primes de départ volontaire.
À l’inverse, les revenus différés peuvent bénéficier du quotient sans qu’il soit nécessaire de vérifier un tel dépassement.

Modalités de mise en œuvre du système du quotient
Pour l’application du système du quotient, il faut suivre la méthode de calcul ci-après.
Il convient tout d’abord de calculer le montant de l’impôt sur le revenu dû par application du barème progressif au revenu ordinaire net du foyer fiscal.
En second lieu, il convient de faire le même calcul mais en ajoutant au revenu ordinaire net 1/4 du montant du revenu exceptionnel.
En troisième lieu, il convient de calculer la différence entre le chiffre trouvé lors du second calcul et le chiffre trouvé lors du premier calcul. Il faut ensuite multiplier le montant ainsi trouvé par 4.
Ce montant correspond à la cotisation supplémentaire d’impôt sur le revenu dû sur le revenu exceptionnel.
Pour calculer le montant de l’impôt dû au titre de l’année d’imposition, il convient d’additionner à ce dernier chiffre le montant trouvé lors du premier calcul ci-dessus réalisé sur le revenu ordinaire du foyer fiscal.
Par exemple, un salarié perçoit, au cours d’une même année, une prime de mobilité susceptible de revêtir un caractère exceptionnel.
Si cette somme, par sa nature, constitue bien un revenu exceptionnel et si les conditions légales sont réunies, notamment celle tenant au montant lorsque cette condition est exigée, le contribuable peut demander l’application du quotient.
L’impôt est alors calculé en comparant l’imposition du revenu ordinaire seul avec celle du revenu ordinaire majoré du quart du revenu exceptionnel, la cotisation supplémentaire obtenue étant ensuite multipliée par quatre.
Pour les revenus différés, le mécanisme est identique, mais le coefficient retenu correspond au nombre d’années civiles auxquelles se rapportent normalement les revenus, augmenté de un.
Cela étant, le système du quotient constitue une simple faculté.
Le contribuable doit en demander expressément l’application dans sa déclaration annuelle de revenus.
Si cette demande n’a pas été formulée dans la déclaration, elle peut encore, sous certaines conditions, être présentée ultérieurement par voie de réclamation dans le délai légal.
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