Fiscalité des ventes sur Le Bon Coin (2026) : quand êtes-vous imposable ?

📝 Mis à jour le 07/04/2026 | Par Didier Majerowiez

📌 L’essentiel de l’article

  • Principe : les ventes occasionnelles réalisées sur Le Bon Coin par un particulier, dans le cadre de la gestion de son patrimoine privé, ne relèvent en principe pas d’une activité commerciale imposable.
  • Biens le plus souvent exonérés : les meubles meublants, appareils ménagers et automobiles sont en principe exclus du régime des plus-values sur biens meubles. Les autres biens meubles sont exonérés lorsque le prix de cession n’excède pas 5.000 €.
  • Biens de valeur : lorsque le prix de cession dépasse 5.000 €, certains biens meubles peuvent relever du régime des plus-values sur biens meubles, avec un abattement pour durée de détention.
  • Cas particuliers : les bijoux, objets d’art, de collection ou d’antiquité relèvent en principe d’un régime spécifique de taxe forfaitaire, avec possibilité d’option pour le régime de droit commun sous conditions.
  • Risque de requalification : si les ventes deviennent habituelles, organisées et réalisées dans un but lucratif, l’administration peut requalifier l’activité en BIC.
  • Point de vigilance : sur Le Bon Coin, ce n’est pas la plateforme elle-même qui crée l’imposition, mais la nature du bien vendu, le montant de la cession et les conditions concrètes dans lesquelles l’activité est exercée.

La fiscalité des ventes réalisées sur Le Bon Coin dépend avant tout de la nature des biens vendus, du montant des cessions et de la situation du vendeur.

En pratique, les ventes occasionnelles de biens d’occasion appartenant au patrimoine privé n’obéissent pas au même régime que les opérations répétées d’achat-revente exercées dans une logique lucrative.

Autrement dit, ce n’est pas le recours à la plateforme Le Bon Coin, en lui-même, qui rend les gains imposables, mais les conditions concrètes dans lesquelles les ventes sont réalisées.

Cet article fait le point sur la fiscalité applicable aux ventes réalisées sur Le Bon Coin, qu’il s’agisse de ventes ponctuelles entre particuliers, de cessions de biens de valeur ou de situations pouvant conduire à une requalification en activité commerciale.

LEBONCOIN ET IMPOT SUR LE REVENU

Fiscalité des ventes réalisées par les particuliers sur Le Bon Coin

Lorsqu’un particulier vend sur Le Bon Coin un bien d’occasion issu de son patrimoine privé, cette opération n’est, en principe, pas assimilée à une activité commerciale.

Le Bon Coin est une plateforme de mise en relation. Son utilisation ne suffit donc pas, à elle seule, à rendre les ventes imposables.

L’enjeu fiscal consiste principalement à déterminer si la vente relève encore de la gestion normale du patrimoine privé, ou si elle s’inscrit en réalité dans une activité habituelle de revente exercée dans un but lucratif.

Les meubles meublants, les appareils ménagers et les automobiles sont, en principe, exclus du régime des plus-values sur biens meubles prévu à l’article 150 UA du Code général des impôts.

Par ailleurs, les biens meubles dont le prix de cession n’excède pas 5.000 euros sont également exonérés.

Ce seuil s’apprécie cession par cession, quelle que soit la nature du bien concerné, hors cas particuliers relevant d’un régime spécifique.

En pratique, la vente ponctuelle sur Le Bon Coin d’un canapé, d’une table, d’un lave-linge, d’un réfrigérateur ou d’un véhicule d’occasion n’entraîne donc, en principe, aucune imposition au titre des plus-values des particuliers, dès lors qu’elle s’inscrit dans la gestion du patrimoine privé.

Lorsque le bien vendu ne relève pas des exclusions précitées et que son prix de cession dépasse 5.000 euros, la plus-value peut relever du régime général des plus-values sur biens meubles.

La plus-value imposable est alors déterminée par différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition, augmenté, le cas échéant, des frais d’acquisition.

Elle bénéficie d’un abattement pour durée de détention de 5 % par année au-delà de la deuxième, ce qui conduit à une exonération totale au bout de 22 ans de détention.

La plus-value fait l’objet d’une imposition à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu, à laquelle s’ajoutent les prélèvements sociaux.

Sont notamment susceptibles d’entrer dans ce régime certains biens meubles corporels de valeur vendus sur Le Bon Coin, comme un bateau de plaisance, un cheval de sport ou, selon les cas, certains biens particulièrement onéreux ne relevant pas de la catégorie des meubles meublants.

La plus-value imposable doit être déclarée dans le mois de la cession auprès de la recette des impôts du lieu du domicile du contribuable. Il convient d’utiliser pour cela le formulaire n° 2048-M.

La déclaration doit nécessairement être accompagnée du règlement des droits dus.

En revanche, si la plus-value n’est pas imposable, cette déclaration n’a pas à être déposée.

Les cessions de bijoux, d’objets d’art, de collection ou d’antiquité relèvent, en principe, d’un régime spécifique distinct du régime général des plus-values sur biens meubles.

Elles sont soumises à une taxe forfaitaire proportionnelle au prix de cession, qui tient lieu d’imposition de la plus-value.

Le vendeur peut toutefois opter pour le régime de droit commun des plus-values sur biens meubles, à condition de pouvoir justifier de la date et du prix d’acquisition du bien, ou de démontrer qu’il le détient depuis plus de 22 ans. Cette option est irrévocable.

En principe, l’option et la déclaration de la plus-value s’effectuent dans le mois suivant la cession au moyen du formulaire n° 2092-SD, avec paiement simultané de l’impôt.

Sur Le Bon Coin, les ventes intervenant le plus souvent directement entre particuliers, le vendeur reste généralement seul responsable de ses obligations déclaratives.

Cela étant, la vente occasionnelle de biens d’occasion détenus pour un usage personnel ou familial relève en principe de la gestion du patrimoine privé.

À l’inverse, lorsque le vendeur achète des biens en vue de les revendre, renouvelle fréquemment son stock, publie un grand nombre d’annonces ou organise ses ventes dans des conditions proches de celles d’un professionnel, l’administration fiscale peut considérer qu’il exerce une activité commerciale.

L’appréciation repose sur un faisceau d’indices, parmi lesquels figurent notamment la fréquence des opérations, leur volume, l’existence d’une intention spéculative, l’importance des revenus retirés des ventes et le degré d’organisation de l’activité.

Dans ce cas, les gains peuvent être imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, avec les conséquences fiscales et, le cas échéant, sociales qui en découlent.

Le vendeur a la possibilité de contester la qualification d’activité occulte, en apportant la preuve que les ventes n’ont pas été réalisées avec une intention spéculative.

Les conséquences financières d’une requalification en activité commerciale occulte peuvent être substantielles. Il convient d’être très vigilant à cet égard.

Fiscalité des ventes réalisées par les professionnels sur Le Bon Coin

Lorsqu’une personne utilise Le Bon Coin pour exercer une activité habituelle d’achat-revente avec l’intention de dégager un bénéfice, les gains peuvent relever de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

Ce n’est donc pas la plateforme utilisée qui détermine le régime fiscal applicable, mais la nature réelle de l’activité exercée.

Selon le niveau des recettes et les options retenues, le vendeur peut relever d’un régime simplifié ou d’un régime réel, avec les obligations déclaratives, comptables et, le cas échéant, en matière de TVA qui en découlent.

Le critère central demeure la distinction entre la simple gestion du patrimoine privé et l’exercice habituel d’une activité de négoce.

Selon le niveau des recettes, le vendeur peut relever du régime micro-BIC ou d’un régime réel d’imposition.

Si le contribuable relève du régime réel d’imposition, il doit alors déposer chaque année une déclaration de résultats n°2031, et reporter le montant de son bénéfice dans sa déclaration n°2042 C Pro.

Fiscalité Le Bon Coin

Quelles obligations pour Le Bon Coin et pour les vendeurs ?

En tant que plateforme de mise en relation, Le Bon Coin est soumis à des obligations d’information à l’égard de ses utilisateurs.

La plateforme doit notamment préciser la qualité des personnes autorisées à déposer une offre, distinguer les offres émanant de professionnels et celles publiées par des particuliers, et informer les utilisateurs sur leurs obligations fiscales et sociales.

Elle doit également adresser aux vendeurs un document récapitulatif annuel des informations les concernant, au plus tard le 31 janvier de l’année suivant celle des opérations déclarées.

Les plateformes sont ainsi tenues à la fois d’une obligation d’information des utilisateurs et, dans certains cas, d’une obligation de transmission d’informations à l’administration fiscale.

En pratique, ce cadre juridique renforce la traçabilité des opérations réalisées sur les plateformes et facilite, le cas échéant, les recoupements opérés par l’administration fiscale.

Foire aux questions

Est-ce que les ventes sur Le Bon Coin sont imposables ?

Les ventes occasionnelles de biens d’occasion appartenant au patrimoine privé ne sont, en principe, pas imposées comme des revenus professionnels.

En revanche, certains biens de valeur peuvent relever du régime des plus-values sur biens meubles, et les bijoux, objets d’art, de collection ou d’antiquité obéissent à un régime spécifique.

À partir de quand l’administration peut-elle considérer qu’un vendeur agit comme un professionnel ?

Le risque apparaît lorsque les ventes deviennent habituelles, organisées et réalisées dans un but lucratif, notamment en cas d’achats en vue de revendre, de renouvellement fréquent du stock ou de volume de ventes élevé.

Le Bon Coin transmet-il des informations à l’administration fiscale ?

Les plateformes de mise en relation sont soumises à des obligations d’information et, dans certains cas, de transmission de données à l’administration fiscale.

Elles doivent également adresser aux utilisateurs un document récapitulatif annuel des informations déclarées les concernant.

Vous souhaitez en savoir plus sur la fiscalité des ventes sur Le Bon Coin ? Dans ce cas, vous pouvez nous contacter via notre formulaire de contact.


Notez cet article et/ou partagez-le sur les réseaux sociaux :

FacebookTwitter XLinkedinWhatsapp

Didier MAJEROWIEZ
Contact Contactez l'auteur

L'auteur de cet article

Avec plus de 20 ans d’expérience en droit fiscal et en droit du patrimoine, dont plusieurs années au sein du cabinet Deloitte, Didier MAJEROWIEZ décrypte sur Fiscaloo des problématiques d’impôt, de patrimoine et d’entreprise. Diplômé de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), obtenu en 2003.

Ses analyses portent notamment sur le contrôle et le contentieux fiscal, la fiscalité internationale, la fiscalité immobilière, la structuration fiscale et patrimoniale, ainsi que la transmission de patrimoine.

Régulièrement sollicité par des médias spécialisés, il apporte un éclairage technique sur les évolutions récentes et les difficultés d’application de ces matières.

Ses décryptages sont également diffusés sur LinkedIn, YouTube, TikTok et les plateformes de podcast, avec une audience cumulée de plus de 30.000 abonnés.

En savoir plus sur Didier MAJEROWIEZ


Présence dans des médias économiques et patrimoniaux :

Revue de presse de Fiscaloo : médias ayant cité Didier Majerowiez et/ou Fiscaloo

Interventions, analyses et décryptages de Maître Didier Majerowiez, fondateur de Fiscaloo, cités et relayés dans la presse économique et patrimoniale.

Accueil » Fiscalité des particuliers » Fiscalité des ventes sur Le Bon Coin (2026) : quand êtes-vous imposable ?