Fiscalité des heures supplémentaires (2026)
📌 L’essentiel de l’article
- Principe : les rémunérations versées au titre des heures supplémentaires bénéficient d’un régime fiscal de faveur depuis le 1er janvier 2019.
- Fiscalité : les heures supplémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu dans une limite annuelle de 7.500 euros par salarié.
- Point de vigilance : même exonérées d’impôt sur le revenu, les heures supplémentaires sont prises en compte dans le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer fiscal.
- Extension récente : la rémunération issue de la monétisation de certains jours de repos ou de RTT peut également bénéficier de l’exonération dans la limite globale de 7.500 euros par an.
L’article 81 quater du Code général des impôts prévoit une exonération d’impôt sur le revenu pour les rémunérations versées au titre des heures supplémentaires accomplies depuis le 1er janvier 2019.
La limite d’exonération des heures supplémentaires est fixée pour chaque salarié à 7.500 euros par an.
Ce dispositif a été complété par plusieurs mesures récentes, notamment l’extension de l’exonération à la rémunération issue de la monétisation de certains jours de repos ou de RTT.
En dépit de l’exonération, les heures supplémentaires sont inclues dans la base de calcul du revenu fiscal de référence du foyer fiscal.
Cet article fait un point sur la fiscalité applicable en France aux heures supplémentaires.

Sommaire de la page
Les modalités d’exonération des heures supplémentaires
La loi 2018-1213 en date du 24 décembre 2018 a instauré l’article 81 quater du code général des impôts.
Cet article prévoit l’exonération des heures supplémentaires accomplies à compter du 1er janvier 2019.
L’exonération concerne les éléments de rémunération prévus à l’article L.241-17 du code de la sécurité sociale, à savoir la rémunération proprement dite, mais également les majorations de rémunération.
Les personnes susceptibles de bénéficier de l’exonération des heures supplémentaires sont les salariés du secteur privé.
Ne sont toutefois pas concernés les cadres dirigeants.
Peuvent également en bénéficier les salariés agricoles, les agents publics (sauf exceptions), ainsi que les salariés relevant des régimes spéciaux.
L’article 81 quater du Code général des impôts prévoit que les heures supplémentaires sont exonérées dans une limite fixée à 7.500 euros par an et par salarié.
Cette limite se calcule sur la base de la rémunération nette imposable perçue par le salarié.
Par ailleurs, conformément aux dispositions de l’article 1417 du code général des impôts, les heures défiscalisées sont inclues dans le calcul du revenu fiscal de référence du salarié bénéficiaire.
A noter que le dispositif d’exonération s’applique également, sous certaines conditions, aux rémunérations versées au titre de la monétisation de jours de repos ou de RTT.
Les jours de repos acquis entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2026 peuvent ainsi être monétisés à la demande du salarié, avec l’accord de l’employeur. La rémunération correspondante bénéficie du même régime fiscal que les heures supplémentaires et est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite globale annuelle de 7.500 euros.
Pour bien comprendre le mécanisme, prenons un exemple.
Au cours de l’année 2026, un salarié réalise des heures supplémentaires pour un montant de rémunération nette imposable de 6.000 euros.
Dans la mesure où le plafond annuel de 7.500 euros n’est pas dépassé, ce complément de rémunération bénéficie donc d’une exonération pour la totalité de son montant.
Si le salarié bénéficie d’un complément de rémunération nette imposable de 9.000 euros pour les heures supplémentaires réalisées au cours de l’année, le plafond de 7.500 euros étant dépassé, 1.500 euros seraient alors imposables.
D’un point de vue déclaratif, les heures supplémentaires exonérées sont pré-remplies dans la déclaration du contribuable (case 1GH ou 1HH de la page 3 de la déclaration n°2042). Il convient de s’assurer que le montant reporté est correctement mentionné.
L’exonération des heures supplémentaires pour les fonctionnaires
Les fonctionnaires peuvent bénéficier de l’exonération d’impôt sur le revenu dans les conditions prévues par le décret n°2019-133 en date du 25 février 2019.
Sont concernés par le dispositif d’exonération les agents publics titulaires et non titulaires de la fonction publique.
Le dispositif d’exonération s’applique aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires.
Pour le personnel de l’éducation nationale, peuvent bénéficier du dispositif d’exonération prévu à l’article 81 quater du CGI les éléments de rémunération effectués au titre des heures supplémentaires dans le cadre de l’activité principale.
Le dispositif d’exonération s’applique également aux indemnités pour enseignements complémentaires, qui rémunèrent les heures d’enseignement réalisées dans le même établissement que l’activité principale, et pour la même discipline.
Pour les enseignants du premier degré, bénéficient du dispositif d’exonération les indemnités qui leur sont versées, lorsqu’ils réalisent des heures de soutien scolaire pour des élèves d’écoles primaires.
Pour certains personnels de police, il y a une exonération d’impôt sur le revenu des indemnités pour service supplémentaire.
S’agissant des praticiens hospitaliers, ils peuvent bénéficier du régime d’exonération pour les indemnités perçues en contrepartie d’un temps de travail additionnel, conformément aux dispositions du code de la santé publique.
Du côté du personnel enseignant des établissements d’enseignement supérieur, ils peuvent également bénéficier du dispositif d’exonération pour les indemnités qui leur sont versées au titre des enseignements complémentaires.
Pour l’ensemble des agents publics concernés par le dispositif d’exonération, il y a plusieurs conditions qui doivent être remplies :
- L’autorité hiérarchique doit avoir mis en œuvre des moyens pour comptabiliser les heures supplémentaires de manière précise ;
- Un document doit être établi par l’employeur qui mentionne, pour chaque agent, le nombre d’heures supplémentaires accomplies, et la rémunération y afférente.
Foire aux questions
Comment déclarer les heures supplémentaires défiscalisées ?
En principe, toute rémunération perçue par un salarié en contrepartie de son activité constitue un revenu imposable dans la catégorie des traitements et salaires.
Ce principe comporte toutefois quelques exceptions.
Sont ainsi exonérées les rémunérations des heures supplémentaires (ou complémentaires dans le cas d’un emploi à temps partiel) dans une limite annuelle fixée à 7.500 euros.
Ce plafond est commun aux heures supplémentaires et aux rémunérations issues de la monétisation de certains jours de repos ou de RTT.
Les heures supplémentaires exonérées sont pré-remplies en case 1GH ou 1HH de la page 3 de la déclaration n°2042. Il convient de vérifier que le montant est correctement reporté, et le cas échéant, de faire des modifications.
Qui est concerné par l’exonération des heures supplémentaires ?
L’exonération a un champ d’application large.
Elle bénéficie non seulement aux salariés du secteur privé, mais également aux salariés agricoles, les agents publics (titulaires ou non et sauf exceptions), ainsi que les salariés relevant des régimes spéciaux.
Une exception est prévue pour les cadres dirigeants qui ne peuvent pas bénéficier de l’exonération.
Pourquoi je ne bénéficie pas de l’exonération de mes heures supplémentaires ?
Conformément aux dispositions de l’article 81 quater du Code général des impôts, les heures supplémentaires sont exonérées à hauteur de 7.500 euros par an et par salarié.
Si ce plafond a été dépassé, la fraction excédentaire ne bénéficie pas de l’exonération.
Ce point doit être vérifié au cas par cas.
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Sources :
- Article 81 quater CGI
- Loi n°2022-1158 du 16 août 2022
- Loi n°2025-127 du 14 février 2025
- Economie.gouv.fr : Heures supplémentaires pour les salariés du privé, comment ça marche ?
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