Fiscalité de la location meublée Airbnb (2026)

📌 L’essentiel de l’article

  • Principe : les revenus tirés d’une location meublée via Airbnb sont en principe imposables à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non dans celle des revenus fonciers.
  • Meublé de tourisme non classé : lorsque les recettes annuelles n’excèdent pas 15.000 euros, le contribuable relève en principe du micro-BIC, avec possibilité d’opter pour le régime réel. Le régime micro-BIC ouvre alors droit à un abattement forfaitaire de 30 %, appliqué automatiquement par l’administration fiscale.
  • Meublé classé ou chambre d’hôtes : des règles spécifiques s’appliquent, avec, pour les années 2026 à 2028, un seuil du micro-BIC fixé à 83.600 € (contre 77.700 € auparavant) et un abattement forfaitaire de 50 %.
  • Déclaration : sous le micro-BIC, le contribuable déclare en principe le montant brut des recettes, sans déduire lui-même l’abattement ; sous le régime réel, une déclaration de résultats doit être souscrite avant report sur la déclaration d’ensemble des revenus.
  • Régime réel : au-delà des seuils du micro-BIC, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges pour leur montant exact et, sous conditions, de pratiquer des amortissements.
  • TVA : la location meublée n’est pas automatiquement soumise à la TVA ; celle-ci peut notamment s’appliquer lorsque l’activité répond aux conditions de la para-hôtellerie.
  • Prélèvements sociaux : les revenus d’une location meublée non professionnelle supportent en principe des prélèvements sociaux au taux de 18,6 %.
  • Point de vigilance : la fiscalité applicable dépend notamment du caractère classé ou non du bien, du montant des recettes et des modalités concrètes d’exploitation.

Lorsqu’un particulier tire des revenus d’une location meublée d’un bien immobilier sur une plateforme en ligne comme Airbnb, ceux-ci sont imposables à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.

À cet égard, la fiscalité de la location Airbnb est particulière.

Un contribuable qui perçoit des revenus d’une location meublée de tourisme peut être qualifié de loueur en meublé professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP).

Les règles fiscales qui découlent de la qualification de LMP ou de LMNP ne sont pas identiques, d’autant qu’il existe deux régimes d’imposition distincts : le régime du réel et le régime micro-BIC.

À noter que la loi de finances pour 2024 a substantiellement modifié les règles applicables pour les contribuables soumis au régime du micro-BIC.

Compte tenu de la complexité du sujet, cet article fait un point complet sur la fiscalité de la location en meublé réalisée via une plateforme en ligne type Airbnb.

Fiscalité Airbnb : micro-BIC, régime réel et règles à connaître

Règles d’imposition des revenus réalisés via la plateforme Airbnb

La règle de principe est simple : les revenus générés en cas de location d’un bien immobilier loué en meublé sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non dans la catégorie des revenus fonciers.

Il s’agit en effet d’une activité commerciale.

Le principe d’imposition dans la catégorie des BIC

Cette règle découle de la loi de finances rectificative pour 2016 qui a ajouté les revenus tirés d’une location meublée parmi les BIC, depuis l’année 2017.

Il importe peu que l’activité soit exercée à titre habituel ou à titre occasionnel.

Conformément aux dispositions de l’article 35, 5° bis du code général des impôts, tout revenu réalisé par une personne qui donne en location des locaux d’habitation meublés est imposable à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des BIC.

Pour qu’un bien immobilier soit considéré comme loué en meublé, il est indispensable que les meubles lui confèrent un minimum « d’habitabilité ».

La distinction entre LMP et LMNP

Les modalités d’imposition diffèrent selon que le loueur exerce l’activité de location à titre professionnel ou non.

Sur le plan fiscal, un loueur en meublé est considéré comme professionnel lorsqu’il remplit les deux conditions cumulatives suivantes :

  • Les loyers annuels tirés de l’activité de location dépassent 23.000 euros pour le foyer fiscal ;
  • Ces recettes doivent être supérieures aux revenus d’activité professionnelle du foyer (incluant les traitements et salaires, BIC, bénéfices agricoles ou encore les bénéfices non commerciaux).

Si ces conditions ne sont pas réunies, le loueur en meublé ne peut être considéré comme professionnel. Il sera alors imposé suivant les règles applicables aux loueurs en meublé non professionnels.

Les conséquences fiscales du statut retenu

D’un point de vue fiscal, le loueur en meublé professionnel a la possibilité d’imputer les déficits tirés de son activité sur son revenu global, sans limitation de montant, et ce, au titre de l’année d’imposition en cours, ou lors des six années suivantes.

Pour les déficits dégagés par les LMNP, ils ne peuvent être imputés que sur les bénéfices de même nature (tirés d’une activité de LMNP), au cours des dix années suivantes.

Par ailleurs, les plus-values réalisées par les LMP sont imposées suivant les règles applicables aux plus-values professionnelles, ce qui permet ainsi une exonération d’impôt sur le revenu pour les plus-values à court terme, lorsque l’activité a été exercée pendant au moins cinq années, et que le chiffre d’affaires des deux années civiles précédant la cession est inférieur à 90.000 euros.

Du côté des LMNP, les plus-values réalisées relèvent de la fiscalité immobilière des particuliers (exonération au bout de 22 ans de détention en matière d’impôt sur le revenu, et au bout de 30 ans de détention en matière de prélèvements sociaux).

Les revenus tirés d’une activité de LMP sur un site comme Airbnb sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les cotisations sociales des indépendants.

Si le loueur relève du statut LMNP, il supporte, en plus de l’impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux au taux global de 18,6 %. Voir notre article sur la hausse de la CSG en 2026.

Lorsque l’activité relève du régime social des indépendants, les revenus correspondants ne sont pas soumis une seconde fois à ces prélèvements sociaux.

Les seuils et abattements du micro-BIC

Jusqu’à la promulgation de la loi de finances pour 2024 le 30 décembre 2023, les loueurs de meublés de tourisme non classés bénéficiaient d’un abattement forfaitaire de 50%, s’ils réalisaient moins de 77.700 euros de recettes annuelles.

La loi de finances pour 2024 a bouleversé ces règles en abaissant l’abattement forfaitaire à 30% si le loueur de meublé de tourisme non classé réalise moins de 15.000 euros de recettes annuelles.

Dans un communiqué de presse publié fin décembre 2023, le gouvernement a annoncé que ces règles avaient été introduites « par erreur » dans la loi de finances pour 2024.

L’administration fiscale a indiqué le 14 février 2024 que les dispositions précitées de la loi de finances pour 2024 étaient en principe applicables pour l’imposition des revenus de l’année 2023. Elle a toutefois apporté une nuance à ce sujet.

L’administration a ainsi précisé dans le BOFIP que pour limiter les conséquences d’une application rétroactive des nouvelles dispositions issues de la loi de finances pour 2024 aux opérations déjà réalisées, il était admis, – par mesure de tolérance -, que les contribuables puissent continuer à appliquer aux revenus de 2023 le régime antérieur du micro-BIC.

À noter que le Conseil d’État a annulé cette publication au BOFIP dans un arrêt en date du 8 juillet 2024.

Quoi qu’il en soit, le tableau ci-après présente la fiscalité telle qu’elle était applicable avant le vote de la loi de finances pour 2024.

Type de locationSeuil micro-BICTaux de l’abattement
Location meublée de longue durée77.700 euros50%
Location d’un meublé de tourisme non classé77.700 euros50%
Location d’un meublé de tourisme classé (situé hors d’une zone tendue)188.700 euros71%
Location d’un meublé de tourisme classé (situé en zone tendue)188.700 euros71%

Voici les nouveautés issues de la loi de finances pour 2024 :

Type de locationSeuil micro-BICTaux de l’abattement
Location meublée de longue durée77.700 euros50%
Location d’un meublé de tourisme non classé15.000 euros30%
Location d’un meublé de tourisme classé (situé hors d’une zone tendue)188.700 euros71% (voire 92% sous conditions *)
Location d’un meublé de tourisme classé (situé en zone tendue)188.700 euros71%

* Pour les locations de meublés de tourisme classés (hors zone tendue), la loi de finances pour 2024 a prévu un abattement supplémentaire de 21% (soit un taux global de 92%) si le propriétaire bailleur a perçu moins de 15.000 euros de loyers au titre de l’année N-1 (en prenant en compte l’ensemble de ses locations meublées).

L’administration fiscale a précisé ce qui suit dans sa brochure pratique 2024 : « un abattement supplémentaire de 21% est instauré pour les locations de meublés touristiques classés, à condition que celles-ci soient situées en dehors des zones marquées par un déséquilibre important entre l’offre et la demande de logement, et que le chiffre d’affaires de l’année précédente soit inférieur à 15.000 €. Cette mesure vient s’ajouter à l’abattement de 71% dont bénéficient déjà ces locations, soit un abattement total de 92%. »

Cela étant, il sera fait observer que le montant minimum de l’abattement est de 305 euros. Ainsi, si l’utilisateur perçoit moins de 305 euros de recettes annuelles, il n’est pas imposable.

À noter également qu’une location de locaux meublés constitue en principe une activité professionnelle imposable à la cotisation foncière des entreprises.

Il y a toutefois des exceptions prévues, notamment pour les contribuables qui louent de manière accidentelle en meublé une partie de leur habitation personnelle, ou encore les personnes qui louent en meublé une partie de leur résidence principale dès lors que le prix de la location est fixé dans des limites raisonnables. C’est un sujet à analyser au cas par cas.

Nouvelles règles applicables depuis 2025

Le 7 novembre 2024, la proposition de loi, visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale, a été définitivement adoptée par l’Assemblée Nationale.

Cette proposition avait déjà été adoptée par le Sénat le 5 novembre 2024.

La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale a été publiée au journal officiel le 20 novembre 2024.

Les seuils du micro-BIC applicables en 2026

La loi modifie comme suit les abattements applicables au régime micro-BIC pour les loyers encaissés depuis le 1er janvier 2025 :

Type de location Seuil micro-BICTaux de l’abattement
Location d’un meublé de tourisme non classé15.000 euros30%
Location d’un meublé de tourisme classé et chambres d’hôtes83.600 euros *50%

* Le seuil était de 77.700 euros en 2025. Il a évolué à partir du 1er janvier 2026.

Pour les meublés de tourisme non classés, l’abattement fiscal passe ainsi de 50% à 30% depuis 2025. La fiscalité est donc alignée sur la location nue, avec le même plafond de 15.000 euros.

À noter que les communes peuvent désormais réduire à 90 jours par année civile la durée maximale de location touristique d’une résidence principale, au lieu du plafond légal de 120 jours.

L’article 7-III de la loi précitée n°2024-1039 du 19 novembre 2024 a prévu que pour l’imposition des revenus perçus en 2024, il convenait d’appliquer les règles antérieures à celles adoptées dans le cadre de la loi de finances pour 2024 : « Pour l’imposition des revenus perçus en 2024, l’article 50-0 du code général des impôts s’applique dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024. »

La plus-value des LMNP au régime réel

Cela étant, l’article 84 de la loi de finances pour 2025 a modifié de manière significative le régime des plus-values de cession réalisées par les LMNP au régime du réel.

Désormais, pour les cessions intervenues à compter du lendemain de la promulgation de la loi de finances pour 2025 (à savoir le 15 février 2025), la plus-value de cession du bien loué se détermine comme suit : prix de cession – (prix d’acquisition – amortissements déduits).

Autrement dit, les amortissements déduits durant la période de location sont réintégrés dans l’assiette de la plus-value réalisée à l’occasion de la cession du bien immobilier loué.

Auparavant, il n’était pas tenu compte des amortissements déduits durant la période de location pour le calcul de la plus-value immobilière réalisée par un LMNP soumis au régime du réel.

Sont exclus de cette mesure les amortissements constitutifs de dépenses de construction, de reconstruction, d’agrandissement ou d’amélioration réalisées par une entreprise depuis l’achèvement de l’immeuble, ou son acquisition si elle est postérieure.

Exonérations pour certaines locations en meublé

La location d’une partie de l’habitation principale

Conformément à l’article 35 bis, I du code général des impôts, lorsqu’un contribuable loue ou sous-loue une partie de son habitation principale en meublé, il peut bénéficier d’une exonération sur les loyers perçus.

Il y a deux conditions cumulatives pour cela.

Les pièces louées doivent tout d’abord constituer la résidence principale du locataire (ou du sous-locataire). En présence d’une location saisonnière, la pièce doit constituer la résidence temporaire du travailleur saisonnier.

En second lieu, le montant du loyer doit être fixé dans des limites « raisonnables ». En région Île-de-France, le montant du loyer annuel (charges non comprises) ne doit pas dépasser 213 euros par mètre carré au titre de l’année 2025. Ce montant est indicatif, sachant qu’il est de 157 euros dans les autres régions de France.

Lorsque ce plafond est dépassé, les montants encaissés par le loueur en meublé sont taxés sous le régime du micro-BIC, jusqu’à 15.000 euros de recettes. Au-delà de ce montant, c’est le régime réel qui a vocation à s’appliquer.

Le cas des chambres d’hôtes

Une seconde exonération est prévue par l’article 35 bis, II du code général des impôts pour les personnes qui mettent à la disposition du public une ou plusieurs pièces de leur résidence principale. Il s’agit du régime des chambres d’hôtes.

Dans le cadre de ce dernier régime, le loueur bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu lorsque la location présente un caractère habituel, et que le montant total du loyer au cours de l’année ne dépasse pas 760 euros TTC.

La loi de finances pour 2024 a prorogé ces exonérations jusqu’au 31 décembre 2026.

Modalités de déclaration des revenus réalisés sur la plateforme Airbnb

Déclaration au régime micro-BIC

Les obligations déclaratives varient selon que l’utilisateur est soumis ou non au régime du micro-BIC.

Si les recettes sont inférieures à 15.000 euros (seuil prévu par la loi de finances pour 2024 pour les locations de meublés de tourisme non classés), le contribuable est soumis de plein droit au régime du micro-BIC, avec la possibilité d’opter pour le régime réel.

Dans le régime du micro-BIC, les obligations déclaratives sont réduites au minimum.

Au régime micro-BIC, le contribuable doit reporter le montant brut de ses recettes sur la déclaration n° 2042 C PRO, sans déduire lui-même l’abattement forfaitaire.

Les cases à utiliser sur la déclaration 2042 C PRO

Pour les locations meublées non professionnelles, les cases à utiliser dépendent de la nature de la location.

Les recettes provenant de chambres d’hôtes et de meublés de tourisme classés doivent être déclarées dans les cases 5NG à 5PG.

Les recettes provenant de meublés de tourisme non classés doivent être déclarées dans les cases 5NH à 5PH.

Les recettes provenant des autres locations meublées doivent être déclarées dans les cases 5NI à 5PI.

Pour les locations meublées professionnelles relevant du micro-BIC, les recettes doivent être déclarées dans la rubrique des BIC professionnels de la déclaration n° 2042 C PRO. En pratique, le formulaire distingue notamment les ventes de marchandises et assimilées, d’une part, et les prestations de services et locations meublées, d’autre part.

Au régime micro-BIC, le contribuable est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, après application automatique par l’administration fiscale de l’abattement forfaitaire applicable selon la nature de la location.

Pour les meublés de tourisme non classés, cet abattement est en principe de 30 %.

Il ne faut rien déduire, c’est l’administration fiscale qui applique automatiquement cet abattement.

Dans la mesure où l’abattement forfaitaire est d’un montant minimal de 305 euros, dès lors que les recettes annuelles sont inférieures à ce montant, il n’y a aucun impôt à payer.

Si le contribuable est auto-entrepreneur et qu’il a opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, les recettes doivent alors être reportées en case 5 TB de la déclaration n°2042 C Pro.

Passage au régime réel

Dans l’hypothèse où les recettes annuelles dépassent le seuil précité de 15.000 euros, le contribuable est automatiquement soumis au régime réel d’imposition, sans possibilité de se placer sous le régime micro-BIC.

Au régime réel, le loueur en meublé doit souscrire une déclaration de résultats n° 2031-SD, puis reporter le résultat sur la déclaration n° 2042 C PRO.

Pour les loueurs en meublé professionnels relevant du régime réel, le bénéfice est en principe reporté dans les cases 5KC à 5MC, et les déficits dans les cases 5KF à 5MF.

Pour les loueurs en meublé non professionnels relevant du régime réel, le bénéfice est en principe reporté dans les cases 5NA à 5PA, et les déficits de l’année dans les cases 5NY à 5PY.

Les déficits LMNP des années antérieures non encore imputés sont déclarés dans les cases 5GA à 5GJ.

À la différence du régime micro-BIC, le régime du réel permet au contribuable de déduire les charges pour leur montant réel du résultat imposable. Il est également possible de déduire l’amortissement du bien hors terrain (environ 2% par an pour le logement et 10% pour les meubles).

Fiscalité de la location meublée Airbnb

Location Airbnb et TVA

Conformément aux dispositions du 4° de l’article 261 D du Code général des impôts, les locations de logements meublés à usage d’habitation sont en principe exonérées de TVA.

Ainsi, les locations occasionnelles, permanentes et saisonnières de logements meublés sont exonérées de TVA.

Les prestations para-hôtelières à surveiller

Toutefois, lorsque le loueur propose trois des quatre services suivants, la location devient alors soumise à la TVA :

  • Petit déjeuner ;
  • Nettoyage régulier des locaux ;
  • Fourniture du linge de maison ;
  • Réception de la clientèle même non personnalisée.

Concrètement, la TVA n’est pas applicable si le loueur se contente de fournir du linge de maison et de faire réaliser le ménage dans les locaux.

Toutefois, si le loueur propose trois des services mentionnés ci-dessus, la TVA devient alors applicable.

Nettoyage et fourniture du linge

Concernant le service de nettoyage des locaux, le BOFIP du 26 mars 2025 (BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20) apporte la précision suivante :

« Lorsque le séjour est d’une durée inférieure à une semaine, le prestataire d’hébergement est admis à considérer la condition comme satisfaite lorsque le nettoyage est au moins effectué avant le début du séjour. La semaine s’entendant d’une période de sept jours consécutifs (comprenant six nuits), cette possibilité ne concerne que des séjours comprenant un maximum de cinq nuits »

Ainsi, un nettoyage des locaux effectué avant le début du séjour suffirait à remplir la condition d’un « service de nettoyage », lorsque le séjour est d’une durée maximum de cinq nuits. Si le séjour est d’une durée supérieure, il faut que le nettoyage ait lieu en cours de séjour pour que la condition soit satisfaite.

Concernant le service de fourniture de linge de maison, le BOFIP mentionne ce qui suit :

« Lorsque le séjour est d’une durée inférieure à une semaine, le prestataire d’hébergement est admis à considérer la condition comme satisfaite lorsque le linge de maison est au moins renouvelé au début du séjour. La semaine s’entendant d’une période de sept jours consécutifs (comprenant six nuits), cette possibilité ne concerne que des séjours comprenant un maximum de cinq nuits »

Ainsi, un simple renouvellement du linge de maison au début du séjour suffirait à remplir la condition d’un « service de fourniture de linge de maison », lorsque le séjour est d’une durée maximum de cinq nuits. Si le séjour est d’une durée supérieure, il faut que la fourniture de linge de maison ait lieu régulièrement en cours de séjour pour que la condition soit satisfaite.

Petit-déjeuner et réception de la clientèle

Concernant le service du petit-déjeuner, le BOFIP précise ce qui suit :

« Il est nécessaire que le petit déjeuner soit proposé par le prestataire d’hébergement à son client. Il peut avoir recours à un tiers à cette fin, mais dans cette situation, la fourniture du petit déjeuner ne peut être caractérisée que si le prestataire d’hébergement commercialise effectivement celle-ci, offrant ainsi directement à son client le service acquis auprès du tiers »

Dans tous les cas, selon le BOFIP, la condition n’est pas satisfaite si « le prestataire d’hébergement se limite à conseiller des adresses d’établissements de restauration au locataire, ou lorsqu’il se borne à mettre à disposition des clients, dans les locaux destinés à l’hébergement, un distributeur alimentaire et/ou de boissons. »

Concernant la réception de la clientèle, le BOFIP indique ce qui suit :

« Dès lors, la seule mise à disposition des clés via une boîte à clés, sans alternative proposée avec un accueil physique, ne saurait constituer une réception même non personnalisée de la clientèle »

Dans une réponse ministérielle en date du 1er avril 2025 (JO AN 01-04-2025 n°1044 p.2267 et 2268), la précision suivante a été apportée : « S’agissant par ailleurs de la seule mise à disposition d’une boîte à clés, celle-ci ne saurait suffire à caractériser une réception même non personnalisée de la clientèle. »

Ainsi, le loueur pourrait être exonéré de TVA s’il ne propose pas le petit-déjeuner et s’il se contente d’installer une boîte à clés, sans offrir un autre mode d’accueil.

TVA à 10 % et franchise en base

À noter que si un loueur en meublé fournit trois des services précités à ses clients, il serait alors assujetti à la TVA au taux de 10%.

Il pourrait éventuellement en être exonéré en application de la franchise en base de TVA prévue à l’article 293 B du Code général des impôts.

Une analyse au cas par cas est nécessaire pour déterminer l’application de la TVA, en fonction des services effectivement proposés par le loueur.

Impôts locaux et location meublée

Dans une réponse ministérielle n°4697 en date du 3 juin 2025, le ministère des Finances a clarifié la fiscalité applicable aux loueurs en meublé au regard de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS).

Cette précision répond à une question parlementaire concernant les doubles impositions possibles pour les meublés de tourisme, en particulier lorsqu’un bien est soumis à la fois à la CFE et à la THRS.

Le ministère des Finances rappelle que, selon la jurisprudence du Conseil d’État (CE, 15 juin 2023, n° 468195), les loueurs en meublé peuvent être soumis à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS) si leur bien est loué pour de courtes durées.

En pratique, un logement loué en meublé, qui ne constitue pas la résidence principale du propriétaire, peut être soumis à la fois à la CFE (l’activité étant constitutive de l’exercice habituel d’une activité professionnelle) et à la THRS.

Toutefois, l’imposition à la CFE et à la THRS peut être évitée ou atténuée dans certaines situations.

Par exemple, les propriétaires dont les biens sont utilisés exclusivement pour la location meublée de tourisme peuvent bénéficier d’exonérations spécifiques, notamment dans les zones rurales de revitalisation (FRR).

Foire aux questions

Comment sont imposés les revenus Airbnb ?

Les règles d’imposition varient suivant que les recettes annuelles sont inférieures ou supérieures à 15.000 euros pour les locations de meublés de tourisme non classés (seuil prévu par la loi de finances pour 2024).

Si le montant est inférieur, le contribuable a le choix entre le régime micro-BIC (avec un abattement de 30% depuis la loi de finances pour 2024, pour frais automatique) et le régime réel (déduction des charges pour leur montant réel).

Le contribuable est également soumis au régime du réel si le montant des recettes est supérieur à 15.000 euros par an pour les locations de meublés de tourisme non classés. Le contribuable est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

S’il est LMP, il sera soumis aux cotisations sociales des indépendants.

S’il est LMNP, ses revenus sont en principe soumis aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 %.

Quel est le montant imposable en cas de location Airbnb ?

Au régime micro-BIC, le contribuable est imposable sur les loyers perçus, et l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire.

Pour les meublés de tourisme non classés, l’abattement est en principe de 30 %. Le contribuable peut toutefois opter pour le régime réel afin de déduire ses charges pour leur montant exact.

L’abattement minimum étant de 305 euros, sous ce montant, il n’y a pas d’imposition.

Si le contribuable est au régime réel, il n’y a pas d’abattement automatique.

Le contribuable doit remplir une déclaration de résultats n°2031 SD qui fait apparaître le montant total des loyers, ainsi que le montant des charges exactes qui ont été exposées au cours de l’année d’imposition.

Comment déclarer une location Airbnb ?

Au régime micro-BIC, le contribuable doit reporter le montant brut des recettes sur la déclaration n° 2042 C PRO, sans déduire lui-même l’abattement forfaitaire.

Pour les locations meublées non professionnelles, les cases varient selon la nature de la location.

Pour la déclaration des revenus 2025, les recettes provenant de chambres d’hôtes et de meublés de tourisme classés doivent être déclarées dans les cases 5NG à 5PG.

Les recettes provenant de meublés de tourisme non classés doivent être déclarées dans les cases 5NH à 5PH.

Les recettes provenant des autres locations meublées doivent être déclarées dans les cases 5NI à 5PI.

Au régime réel, une déclaration de résultats n° 2031-SD doit être déposée. Le résultat est ensuite reporté dans la déclaration n° 2042 C PRO, dans les cases applicables selon que le contribuable relève du régime LMP ou LMNP.

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Didier MAJEROWIEZ

L'auteur de cet article

Avec plus de 20 ans d’expérience en droit fiscal et en droit du patrimoine, dont plusieurs années au sein du cabinet « Deloitte Société d’Avocats », Didier MAJEROWIEZ décrypte sur Fiscaloo des problématiques d’impôt, de patrimoine et d’entreprise.

Diplômé de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), obtenu en 2003.

Ses analyses portent notamment sur le contrôle et le contentieux fiscal, la fiscalité internationale, la fiscalité immobilière, la structuration fiscale et patrimoniale, ainsi que la transmission de patrimoine.

Régulièrement sollicité par des médias spécialisés, il apporte un éclairage technique sur les évolutions récentes et les difficultés d’application de ces matières.

Ses décryptages sont également diffusés sur LinkedIn, YouTube, TikTok, Instagram et les plateformes de podcast, auprès de plus de 35.000 abonnés, avec plusieurs millions de vues et d’impressions cumulées.

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