Donation à un petit-enfant : modalités et fiscalité
📌 L’essentiel de l’article
- Principe : un grand-parent peut gratifier un petit-enfant au moyen d’un présent d’usage, d’un don manuel, d’une donation notariée ou d’une donation-partage transgénérationnelle.
- Présent d’usage : lorsqu’il est réalisé à l’occasion d’un événement particulier et reste proportionné au patrimoine du donateur, il n’est en principe ni taxable ni déclarable.
- Abattement spécifique : chaque grand-parent peut donner jusqu’à 31.865 euros à chaque petit-enfant en franchise de droits de donation, tous les 15 ans.
- Don familial de somme d’argent : sous conditions, notamment si le grand-parent a moins de 80 ans et si le petit-enfant est majeur, une exonération supplémentaire de 31.865 euros peut s’ajouter à l’abattement classique.
- Cumul possible : un petit-enfant peut donc recevoir jusqu’à 63.730 euros d’un même grand-parent sans droits de donation lorsque les conditions de l’abattement et de l’exonération des dons familiaux de sommes d’argent sont réunies.
- Nouveauté temporaire : entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026, une exonération spécifique peut également s’appliquer à certains dons familiaux de sommes d’argent affectés à l’acquisition d’un logement neuf ou à des travaux de rénovation énergétique.
- Point de vigilance : depuis 2026, la déclaration des dons manuels et des dons familiaux de sommes d’argent doit en principe être effectuée en ligne, sauf exceptions.
- Donation-partage transgénérationnelle : ce mécanisme permet d’associer enfants et petits-enfants dans une transmission anticipée, avec l’accord de la génération intermédiaire et l’intervention obligatoire d’un notaire.
Pour aider ou favoriser un petit-enfant, il est possible pour un grand-parent de réaliser une donation à son profit.
Certains types de transmissions sont exonérées de droits de mutation à titre gratuit, lorsque leur montant est modeste. C’est le cas du présent d’usage.
Un don manuel peut également échapper à l’impôt grâce aux abattements applicables aux transmissions entre grands-parents et petits-enfants.
D’un point de vue juridique, il convient de respecter la réserve héréditaire des enfants pour éviter une éventuelle remise en cause de la donation (sauf dans certains cas, comme la donation-partage transgénérationnelle).
Cet article a pour objet de faire un point sur les possibilités de gratifier un petit-enfant sans passer par la case impôt, ainsi que sur le mécanisme spécifique de la donation-partage transgénérationnelle.
Note de mise à jour
Cette vidéo présente les principales solutions permettant de gratifier un petit-enfant à moindre coût fiscal. Certaines précisions récentes, notamment sur les dons de sommes d’argent et leurs modalités déclaratives, sont détaillées dans l’article ci-dessous.
Sommaire de la page
Les moyens de favoriser un petit-enfant à moindre coût fiscal
Le présent d’usage permet de transmettre une partie des biens du grand-parent à un petit-enfant sans aucune fiscalité.
Un présent d’usage est une donation qui a lieu à l’occasion d’un évènement spécifique. Il peut s’agir de la fête de Noël, de la célébration d’une réussite à un examen, d’un anniversaire, etc.
Pour que le cadeau soit traité comme un présent d’usage, et non comme une donation taxable en cas de contrôle, il doit être proportionné avec la situation de patrimoine et le montant des revenus annuels du grand-parent donateur (Cass. 1 civ. 6-12-1988 n° 87-15.083).
Selon l’article 852 du code civil, la valeur « modique » du présent d’usage s’apprécie au regard de la situation de fortune du donateur.
Selon certaines décisions de jurisprudence, la qualification de présent d’usage a pu être retenue lorsque le cadeau donné n’excédait pas environ 2 à 2,5 % du patrimoine du grand-parent donateur (cf. notamment CA Orléans, 11 octobre 2007 n°06-3246, CA Douai, 3 mars 2011 n°09-08.468, CA Paris 1e ch. B 11-4-2002 n°01/3791).
Au-delà de ce seuil, il y aurait un risque de requalification du cadeau en donation taxable en cas de contrôle.
Il sera fait observer qu’un présent d’usage peut être réalisé sans passer devant un notaire.
De surcroît, tant que le cadeau présente la qualification de présent d’usage, il n’est pas nécessaire de le déclarer auprès de l’administration fiscale.
D’un point de vue juridique, le présent d’usage n’est pas rapportable à la succession du grand-parent donateur. Cela signifie que pour calculer la part revenant à chaque héritier, le présent d’usage n’est pas pris en compte.
Dans tous les cas, il convient de conserver les preuves que le cadeau constitue un présent d’usage : date et lieu de l’évènement ayant justifié le présent, lettre accompagnant le cadeau, relevé bancaire, etc.
Cela étant, en dehors des présents d’usage, il est possible de favoriser un petit-enfant via une donation en bonne et due forme.
Il n’est pas forcément utile de passer devant notaire pour réaliser une donation.
Ainsi, un don manuel ne nécessite pas l’intervention d’un notaire. Il s’agit en pratique de la remise matérielle d’un objet ou d’une somme d’argent par le donateur au donataire.
A noter qu’une donation réalisée par un grand-parent à son petit-enfant ouvre droit à un abattement de 31.865 euros.
Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans.
Si deux grands-parents réalisent un don à un petit-enfant, ce dernier est alors en droit de bénéficier d’un abattement global de 63.730 euros (31.865 x 2). Cela signifie que le petit-enfant peut recevoir de ses grands-parents une somme globale de 63.730 euros sans fiscalité tous les 15 ans.
C’est nettement plus avantageux qu’en cas de legs d’un bien à un petit-enfant par testament, qui ne permet de bénéficier, – au décès du grand-parent concerné -, que d’un modeste abattement de 1.594 euros.
En parallèle à l’abattement précité de 31.865 euros, un petit-enfant peut bénéficier au surplus d’une exonération de 31.865 euros en cas de don familial de somme d’argent (article 790 G du code général des impôts).
Cette exonération s’applique en cas de don d’une somme d’argent par un grand-parent âgé de moins de 80 ans à un petit-enfant âgé de plus de 18 ans.
L’abattement de 31.865 euros et l’exonération de 31.865 euros peuvent se cumuler.
Par exemple, un grand-parent âgé de 75 ans peut donner un chèque de 63.730 euros à son petit-enfant majeur (31.865 euros x 2) sans aucune fiscalité.
Il n’est pas nécessaire que la donation soit réalisée en une seule fois. Le grand-parent peut réaliser plusieurs donations, jusqu’à épuisement de l’abattement, durant chaque période de 15 ans.
Il sera fait observer que l’abattement précité de 31.865 euros s’applique sans condition. Le bien donné peut ainsi être une somme d’argent, un bijou, une œuvre d’art, ou un bien quelconque. Par ailleurs, l’âge du donateur et du donataire n’a aucune importance.
S’agissant de l’exonération précitée de 31.865 euros, elle s’applique uniquement pour les donations de sommes d’argent, et à condition que le grand-parent ait moins de 80 ans, et que le petit-enfant soit majeur.
Pour bénéficier de cette exonération, le don doit en principe être déclaré dans le délai d’un mois.
Il s’ensuit qu’un grand-parent peut donner tous les 15 ans jusqu’à 63.730 euros à son petit-enfant en exonération de droits de mutation à titre gratuit.
En présence de deux grands-parents et d’un petit-enfant, ces dispositifs permettent d’exonérer jusqu’à 127.460 euros tous les 15 ans, ce qui n’est pas négligeable.
Depuis le 15 février 2025, un autre dispositif temporaire peut également être envisagé dans certaines situations.
L’article 790 A bis du code général des impôts prévoit une exonération spécifique pour certains dons familiaux de sommes d’argent affectés à l’acquisition d’un logement neuf ou en état futur d’achèvement, ou à certains travaux de rénovation énergétique.
Cette exonération s’applique aux dons réalisés jusqu’au 31 décembre 2026, dans la limite de 100.000 euros par donateur et par bénéficiaire, et de 300.000 euros par bénéficiaire.
Elle suppose toutefois le respect de conditions strictes, notamment quant à l’affectation des fonds dans un délai de six mois et à la conservation ou la location du logement à titre de résidence principale pendant une durée minimale de cinq ans.
Ce dispositif ne doit pas être confondu avec l’exonération de 31.865 euros applicable aux dons familiaux de sommes d’argent prévue par l’article 790 G du code général des impôts.
Pour en savoir plus, veuillez consulter notre article dédié au don familial.
A noter qu’un petit-enfant handicapé peut bénéficier d’un abattement supplémentaire de 159.325 euros.
Autre avantage appréciable d’une donation par rapport à un legs : le donateur peut prendre en charge les droits de mutation à titre gratuit dus par le petit-enfant donataire, sans que cela ne soit considéré comme un complément de donation taxable.
Toutefois, cette prise en charge n’est pas toujours avantageuse. Par exemple, en cas de don manuel de titres d’une société, le petit-enfant ne pourra pas majorer le prix d’acquisition des droits de mutation à titre gratuit lors de leur cession ultérieure. Cela pourrait donc majorer le montant de la plus-value de cession.
Cela étant, il sera fait observer que le grand-parent donateur ne peut pas donner l’intégralité de son patrimoine à son petit-enfant.
La liberté du grand-parent est en effet limitée par la réserve héréditaire de ses propres enfants (sauf en cas de donation-partage transgénérationnelle).
Si le don empiète sur la réserve des enfants du donateur, il pourrait faire l’objet d’une action en réduction.
S’agissant du formalisme, il convient de déclarer le don manuel à l’administration fiscale afin de lui donner date certaine et de faire courir le délai de 15 ans au terme duquel l’abattement de 31.865 euros et, le cas échéant, l’exonération de 31.865 euros applicable aux dons familiaux de sommes d’argent se reconstituent.
Depuis 2026, la déclaration des dons manuels et des dons familiaux de sommes d’argent doit en principe être effectuée en ligne, via le téléservice de l’administration fiscale, sauf exceptions.
Lorsque le recours au format papier demeure possible, la déclaration peut être effectuée au moyen du formulaire n° 2735-SD.
A noter qu’il convient forcément de passer devant un notaire pour certaines donations. C’est le cas notamment pour les donations de biens immobiliers.
Quoi qu’il en soit, une autre solution pour favoriser un petit-enfant à moindre coût fiscal serait de le désigner comme bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie.
Sous réserve que les primes aient été versées sur le contrat avant l’âge de 70 ans du grand-parent (et qu’elles ne soient pas manifestement exagérées), le capital accumulé serait versé au petit-enfant lors du décès de son grand-parent, avec un abattement de 152.500 euros.
Le petit-enfant pourrait ainsi recevoir 152.500 euros sans aucun droit à payer.
Au-delà de cette somme de 152.500 euros, la somme transmise serait imposée au taux forfaitaire de 20% (jusqu’à 700.000 euros au-delà de 152.500 euros).
Au-delà de ce plafond de 700.000 euros, la somme transmise serait imposée à 31,25%.
A noter que ces règles sont moins avantageuses et efficaces lorsque les primes sont versées après l’âge de 70 ans du grand-parent.
Pour en savoir plus à ce sujet, nous vous invitons à consulter notre article dédié à la fiscalité de l’assurance-vie.

Les atouts de la donation-partage transgénérationnelle
En principe, une donation réalisée à un petit-enfant s’impute sur la quotité disponible du grand-parent, c’est-à-dire la part de son patrimoine dont il peut librement disposer de son vivant.
Il n’est pas possible à un grand-parent de réaliser une donation à un petit-enfant qui priverait ses propres enfants de la part de sa succession que la loi leur réserve. Autrement dit, la donation à un petit-enfant ne peut pas empiéter sur la réserve héréditaire des enfants du donateur.
La donation-partage transgénérationnelle permet de passer outre cette contrainte.
En pratique, il s’agit d’une donation-partage réalisée aux petits-enfants du donateur, avec l’accord de la génération intermédiaire (à savoir les enfants du donateur).
Il sera fait observer qu’il n’est pas possible de réaliser une donation-partage transgénérationnelle uniquement au profit des petits-enfants. Un enfant du donateur doit être associé à cette donation-partage.
Quoi qu’il en soit, il est possible d’avantager certains enfants et/ou certains petits-enfants dans le cadre d’une donation-partage transgénérationnelle. Cette dernière ne nécessite pas de faire participer à l’acte tous les enfants et/ou tous les petits-enfants du donateur.
Cela étant, la donation-partage transgénérationnelle doit obligatoirement être réalisée devant notaire.
Juridiquement, la donation-partage transgénérationnelle peut concerner tout type de bien appartenant au donateur. Il est ainsi possible de donner un logement, une somme d’argent, un bijou, une œuvre d’art, des titres de société, etc.
Dans tous les cas, la donation-partage transgénérationnelle nécessite d’obtenir l’accord des enfants du donateur.
Une fois réalisée devant notaire, la donation-partage transgénérationnelle n’est pas rapportable à la succession du donateur.
D’un point de vue fiscal, il convient d’appliquer les mêmes règles que celles évoquées ci-dessus pour une donation ordinaire. Il y a notamment un abattement de 31.865 euros qui s’applique entre un grand-parent et son petit-enfant.
Il sera fait observer qu’il est possible de réintégrer dans une donation-partage transgénérationnelle un bien donné antérieurement à un ou plusieurs enfants, en vue de sa réattribution au petit-enfant.
Si le bien a été donné aux enfants il y a plus de 15 ans, il n’y aurait pas de droits de mutation à titre gratuit au titre de cette réattribution. Il y aurait toutefois un droit de partage au taux de 2,5% qui serait dû.
Si le bien a été donné il y a moins de 15 ans aux enfants du donateur, les droits de mutation à titre gratuit réglés lors de la première mutation viendraient en déduction de ceux dus lors de la seconde mutation.
Anticipez la transmission à vos petits-enfants avec une stratégie fiscale adaptée
Gratifier un petit-enfant peut relever de mécanismes juridiques et fiscaux complexes, notamment en matière de donation-partage transgénérationnelle. Ces opérations nécessitent une anticipation rigoureuse, tant sur le plan fiscal que patrimonial.
Si vous vous interrogez sur la pertinence d’un tel dispositif dans votre situation, vous pouvez nous exposer les grandes lignes de votre projet via notre formulaire de contact, pour un premier échange confidentiel visant à évaluer l’opportunité d’un éventuel accompagnement.
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